Communication & environnement : passer du discours aux pratiques
Dans un secteur de la communication souvent critiqué pour ses dérives liées au greenwashing, certaines agences ont dès leur démarrage décidé d’intégrer leurs engagements RSE au coeur de leur modèle. C’est le cas d’Econovia, agence pionnière de la communication responsable, spécialisée ESS, RSE et transition écologique. Elle accompagne des organisations à impact positif avec une approche 360° durable et a dès 2009 appliqué une charte d’engagement autour de 7 piliers (voir un exemple de charte éco responsable d’agence de communication )
À sa tête, Julie Schwarz a travaillé dès l’origine avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les institutions publiques et les organisations engagées dans la transformation écologique. « Le secteur de la communication a longtemps accompagné des modèles qui ne sont plus soutenables. Nous avons toujours voulu défendre la communication comme puissant vecteur de transformation environnementale, solidaire et sociétale. Il y a 17 ans, on m’a prise pour une douce rêveuse utopique quand je parlais de communication à impact, d’éthique et de transparence dans la communication. Aujourd’hui, de grandes organisations font appel à nous pour être accompagnées pour responsabiliser leur communication», explique-t-elle.
Installée en région parisienne, dans le fameux Jardin d’Agronomie Tropicale de Paris, elle a co-fondée en 2017 la Cité du Développement Durable dont sa fondatrice assure depuis la présidence. L’agence revendique un positionnement hybride, entre conseil stratégique, production de campagnes et accompagnement éditorial. Elle intervient notamment auprès de fondations, de mutuelles et d’organisations associatives.
Un marché en transformation
La montée en puissance des sujets liés à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) a profondément modifié le paysage des agences de communication. Qu’il s’agisse de la double matérialité, un concept central de la directive européenne CSRD en vigueur depuis le 1er janvier 2024, qui encouragent les entreprises à améliorer leur transparence : elles doivent désormais “combiner la matérialité financière et la matérialité d’impact. Cette approche permet aux entreprises de comprendre non seulement comment les enjeux environnementaux et sociaux affectent leur performance économique, mais aussi comment leurs activités impactent l’environnement et la société. Mieux appréhender cette notion est fondamental pour intégrer des pratiques durables, autant que pour anticiper les exigences réglementaires futures” (source BPI, le média des entrepreneurs ).
Face à ces nouveaux enjeux, de nombreuses structures se positionnent désormais sur ce créneau, mais les lignes restent floues entre communication d’engagement et communication commerciale classique. Pour Econovia, cette évolution constitue à la fois une opportunité et une contrainte. « Il existe une demande forte, mais aussi une exigence de transparence beaucoup plus élevée qu’il y a dix ans », souligne Julie Schwarz.
L’agence s’est notamment illustrée sur des campagnes de sensibilisation autour de la transition écologique et de la lutte contre les désinformations environnementales.
Une croissance portée par l’ESS
Contrairement aux grandes agences généralistes, Econovia s’est développée dans un écosystème plus spécifique, celui de l’économie sociale et solidaire. Ce positionnement lui permet de travailler avec des structures aux budgets parfois plus contraints, mais aux enjeux de communication fortement identifiés. Dans un contexte où les entreprises cherchent à renforcer leur légitimité sur les sujets environnementaux, les agences spécialisées sur ces thématiques gagnent progressivement en visibilité.
Un secteur encore en structuration
Si le marché de la communication responsable est en croissance, il reste encore peu structuré. Les critères de différenciation entre agences sont souvent difficiles à établir, et la question de la preuve d’impact demeure centrale. Pour Julie Schwarz, l’enjeu des prochaines années sera précisément celui-ci : « passer d’un discours sur l’engagement à des pratiques vérifiables et documentées ».
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