VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : la Fondation FACE publie le guide des bonnes pratiques pour les entreprises


Suite à une étude sans précédent en France et en Europe (Espagne, Grèce, Bulgarie, Belgique) qui pose pour la première fois la question du rôle de l’entreprise dans la lutte contre les violences perpétrées sur les salariées en dehors du lieu de travail, la Fondation Agir Contre l’Exclusion restitue ce lundi 4 juillet prochain de 14h à 17h, aux Ministères Economiques et Financiers, le guide des bonnes pratiques « Agir contre les violences faites aux femmes, Guide pour les entreprises »
Ce guide a pour objectif de mettre en avant des exemples concrets de bonnes pratiques tels que : « Développer et mettre en œuvre une politique d’entreprise contre les violences faites aux femmes » ou encore « Sensibiliser les employés et les managers aux violences faites aux femmes ».

 
Carve-02

Cette restitution sera animée par Catherine Tripon, Directrice des relations externes – Fondation FACE.

    Au programme :

  • 14h00 – mot d’accueil d’Isabelle Braun-Lemaire – Secrétaire Générale Adjointe des Ministères Economiques et Financiers et Directrice des Ressources Humaines
  • 14h15 – Introduction par Vincent Baholet – Délégué Général. FACE
  • 14h25 – Restitution du guide par Simon Miclet – Coordinateur des projets diversité, égalité et RSE. FACE
  • 14H35 – Table ronde Agir contre les violences faites aux femmes au sein des entreprises », en présence de Céline Bonnaire – Déléguée Générale. Fondation Kering ; Clémentine Lévy – Responsable service formation – FNSF ; Corinne Brière, Responsable Ressources Humaines – RAJA ; Anne Poterel Maisonneuve, Cheffe de projet – Fondation RAJA-Danièle Marcovici ; Marie-Gabrielle Campana, Secrétaire Générale. La CLEF ; Bernard Ducateau – Contrôleur général des armées, chef de la cellule THEMIS ; Clémence Pajot – Directrice. Centre Hubertine Auclert
  • 15h40 – Table ronde : Favoriser l’insertion professionnelle des femmes victimes de violences » en présence d’Emilie Bethery, Responsable RSE & Médias – AXA Protection Juridique : Stéphane Grange, Directeur des Affaires générales Externes, AXA Protection Juridique ; Françoise Brié – porte-parole de Solidarité femmes et directrice de l’association “L’Escale” ; Séverine Lemière – FIT une femme, un toit et IUT Paris Descartes
  • 16h40 – Conclusion par Dr Muriel SALMONA – Association Mémoire Traumatique et Victimologie

 
Bien que commises dans la sphère privée, les violences faites aux femmes impactent directement ou indirectement le fonctionnement des entreprises : comment les entreprises réagissent lorsqu’un cas de violence est identifié ? Par qui cette situation est-elle identifiée ? Quelles actions sont mises en place ?
Le projet européen « Companies Against gendeR ViolencE » (CARVE) 1 mené par la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE) apporte un éclairage nouveau sur ce sujet encore tabou dans le monde du travail.

/ L’ENTREPRISE, REFUGE OU LIEU DE TOUS LES DANGERS ?

Alors que 216 000 femmes ont déclaré être victimes de leur conjoint ou de leur ex-compagnon en France en 2014 et que plus d’un tiers des homicides sont perpétrés au sein du couple, l’étude de FACE souligne la volonté de toutes les parties prenantes de rapprocher le monde de l’entreprise du sujet des violences faites aux femmes. Le projet met aussi ce paradoxe en évidence : l’entreprise peut constituer un refuge pour les victimes mais aussi un lieu de danger potentiel car connu des agresseurs.

/ DES ACTIONS TRES LIMITEES FACE A L’AMPLEUR DU PHENOMENE

Le projet de FACE montre aussi que les entreprises mènent des actions limitées face à l’ampleur de ces violations des droits humains, dont le coût économique et social est estimé à 2,5 milliards d’euros par an en France 2 . Pourtant, des solutions existent pour permettre aux entreprises d’être pleinement actrices de la lutte contre les violences faites aux femmes. Renforcer l’information au sein des entreprises, réaliser des formations, rapprocher entreprises et associations, faciliter l’accès au logement des femmes victimes de violence, adapter les campagnes de communication et inclure l’entreprise dans le prochain plan de prévention sont autant de recommandations formulées par les auteurs d’une étude qui pose aussi la question de l’évolution du cadre législatif.

« Comment les entreprises détectent-elles les cas de violences sur leurs salariées ? Comment agissent-t-elles ?
La Fondation FACE pose ces questions à travers l’étude nationale sur l’implication des entreprises dans la lutte contre les violences faites aux femmes. A travers les conclusions de cette étude unique à l’échelle européenne, nous sommes convaincus que les entreprises doivent faire davantage, notamment en matière de détection, au nom de la promotion de l’égalité femmes-hommes et de la nécessité de s’assurer du bien-être de leurs salarié-e-s. »
Vincent Baholet, Délégué Général de FACE

 
/ PSA, RAJA ET LA FONDATION KERING A LA POINTE DE LA LUTTE

Si certaines entreprises en sont encore au stade de la réflexion concernant la lutte contre les violences conjugales, l’étude de la Fondation FACE identifie des acteurs impliqués concrètement. Parmi ceux-ci, PSA a contribué à l’institutionnalisation de la lutte contre les violences faites aux femmes dans les accords d’entreprise. Le groupe Kering a quant à lui créé en 2009 la seule fondation d’entreprise exclusivement consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes, la « Fondation Kering », qui soutient des ONGs, remet des prix à des entrepreneurs sociaux, lance des campagnes de sensibilisation, tout en impliquant ses collaborateur.rice.s. D’autres entreprises, telle que l’entreprise RAJA, ont mené des campagnes de sensibilisation auprès de leurs salarié.e.s.

/ UNE ETUDE UNIQUE A L’ECHELLE EUROPEENNE

Dans le cadre de son étude sur l’implication des entreprises dans la lutte contre les violences faites aux femmes, la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE) a rencontré une trentaine de « personnes-ressources » impliquées dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Ces personnes représentent quatre entreprises (dont deux à travers leur fondation), une caisse régionale d’assurance maladie (en tant qu’employeur), huit associations, deux syndicats, quatre institutions et trois personnalités politiques.

En France, chaque année :

  • 216 000 femmes sont victimes de violences de la part de leur conjoint ou de leur ancien partenaire.
  • Un tiers des homicides sont perpétrés au sein du couple.
  • Les femmes se déclarant victimes de viols sont près de 86 000 chaque année.


 
Ces chiffres ne représentent qu’une estimation minimale de la réalité : moins de 15 % de ces victimes décident de porter plainte 3 .
 
 
1 L’étude, réalisée auprès de 30 personnes-ressources, sur « l’implication des entreprises dans la lutte contre les violences faites aux femmes » de la Fondation FACE constitue la première étape du projet « Companies Against gendeRViolencE » (CARVE)(2014-2016) soutenu par la Direction Générale Justice et Consommateurs de la Commission européenne, dans le cadre du programme Daphné III.
2 Daphné 2006, « Estimation du coût économique des violences conjugales en Europe »
3 Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Les chiffres de référence sur les violences faites aux femmes, 2015

logo-FACE

Créée en 1994, à l’initiative de Martine Aubry, avec 13 Grands Groupes, la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE), est aujourd’hui présidée par Gérard Mestrallet, PDG du groupe
ENGIE. C’est un réseau national de 72 structures locales qui développent des actions de prévention et de lutte contre l’exclusion, les discriminations et la pauvreté en favorisant l’engagement social et sociétal des entreprises qui apportent leurs compétences d’acteurs économiques.
FACE conduit ses actions en partenariat avec l’Etat, les collectivités territoriales et les acteurs associatifs et institutionnels locaux. Reconnue d’utilité publique, la Fondation, rassemble et mobilise aujourd’hui plus de 5 250 entreprises locales et nationales, Grands Groupes et PME, souhaitant s’inscrire dans une relation dynamique avec leur environnement.
FACE agit, avec la participation active des entreprises et de leurs salariés, sur des thématiques telles que l’accès à l’emploi et aux formations professionnalisantes, le développement économique et social des territoires, la diversité, la citoyenneté et l’intégration, l’éducation et l’orientation à travers la connaissance des métiers et des entreprises. Dans chaque champ d’intervention de la Fondation, des actions sont animées par ses 72 structures locales pour plus de 200 000 bénéficiaires chaque année.

CARVE_01

L’ambition du projet CARVE est de prévenir les violences faites aux femmes travers la mobilisation des entreprises. Le projet questionne les entreprises sur leur rôle d’accueil et
d’aide pour les femmes victimes de violences avec, dans un premier temps, la réalisation d’une étude menée au sein de cinq pays. Un guide de bonnes pratiques sera ensuite élaboré et aura vocation à recenser les initiatives mises en place par les entreprises en ce sens. Mais il contiendra aussi des recommandations politiques concrètes à l’intention des décideurs publics. A terme, ce guide a vocation à être diffusé au sein de l’ensemble des Etats membres.

Contacts presse
Agence Econovia – Déborah Zeitoun deborah.zeitoun@econovia.fr – 06 59 94 78 61
Marie Suraud marie.suraud@econovia.fr – 09 86 25 35 93

Liens vers quelques articles et chroniques